• Interviews de maisons d'édition

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    Bonjour.
    Merci d'avoir accepté de répondre à mes questions.
    ^^ 
    Tout d’abord, sans parler de votre métier, présentez-vous un peu.

    Je m’appelle Aurélien ; j’ai 28 ans, et je suis auteur-traducteur. J’ai passé un bac littéraire, puis ai enchaîné trois ans de classes préparatoires littéraires avec une école de commerce. Je travaille aujourd’hui aux Éditions Synchronique, tout en remplissant des missions de sténotypie pour des organismes publics en autoentrepreneur. Je tiens également une chaîne de vidéos sur Youtube, l’Arche, où j’évoque la poésie, l’histoire de l’écriture, et les grandes œuvres littéraires.

    Enfin, je continue bien sûr à écrire de la poésie et à en traduire. J’y passe quantitativement moins de temps que pour mes autres activités, mais c’est à travers elle que je me définis.

     

    Playlist de l'auteur sur sa chaîne Youtube qui concerne le monde de l'édition, d'un point de vue technique, et vise à expliquer la chaîne éditoriale, le droit d'auteur, la loi du prix unique, etc.

     

    Y a-t-il des auteurs qui ont bercé votre enfance/adolescence ?

    Aucun en particulier, même si j’ai d’excellents souvenirs de beaucoup d’œuvres différentes, dans tous les genres littéraires ou presque. Je ne lis aujourd’hui pratiquement plus que de la poésie, et des ouvrages d’histoire ou de science.

    Je lis essentiellement sur Kindle, même si je reste très critique vis-à-vis d’Amazon ; mais je peux du moins me consacrer ainsi à acheter sous format physique uniquement les beaux-livres, et les vrais travaux d’édition qui me plaisent. Je n’ai jamais autant acheté de beaux-livres que depuis que je lis en numérique.

     

    Interview Aurélien de Synchronique Éditions

     

    Qu'est-ce qui vous a poussé à choisir, professionnellement, le domaine littéraire, et plus particulièrement celui de l'édition ?

     Ma monomanie pour la poésie, et pour la littérature de manière générale. J’ai cherché une voie qui fasse le lien entre l’école de commerce et la prépa littéraire : elle me semblait être l’édition, un secteur à mi-chemin de la culture et de l’industrie. J’aime avoir cette double approche du livre – comme œuvre intellectuelle, à travers le travail sur la traduction et la correction, et comme œuvre artisanale et physique, à travers le travail sur l’objet-livre, la reliure, la couverture, la mise en page, le type de papier. Il s’agit essentiellement de ciseler une pierre précieuse, puis de lui fabriquer un écrin sur mesure.

     

    Interview Aurélien de Synchronique Éditions

     

    Est-ce votre premier post ou avez-vous travaillé dans d'autres maisons d'éditions ?

     C’est mon premier poste dans l’édition, mais il est un peu spécial. J’ai commencé à Synchronique en 2013 en tant que stagiaire commercial, durant mon année de césure. Je suis resté en contact par la suite au travers de mes traductions (L'Épopée de Gilgamesh, La Bhagavad-Gita, Le Livre du Thé, L’Art de la Guerre…). En 2016, j’ai repris du service en tant qu’employé, et je considère comme une richesse le fait d’avoir ce double regard sur l’édition : celui de l’auteur, et celui de l’éditeur – l’artiste et l’artisan, pour ainsi dire. Il faut jongler entre les préoccupations artistiques, commerciales et industrielles : c’est passionnant.

    L'Art de la Guerre

     

    Parlez-vous un peu de votre métier. Que faites-vous exactement ?

    Beaucoup de choses ! Le marché de l’édition est un milieu difficile, et de plus en plus concentré en France : sur environ 800 éditeurs, les 10 premiers (Hachette, Gallimard, etc.) concentrent environ 80% du chiffre d’affaires global et du nombre de ventes.

    Synchronique ressemble donc à des centaines d’autres petits éditeurs : nous sommes deux à y travailler à temps plein, et nous engageons au fil de l’année deux ou trois stagiaires pour nous aider. L’objectif cette année sera de passer à la vitesse supérieure, et de pouvoir embaucher en CDI l’année prochaine.

    Je jongle donc entre la comptabilité, l’administratif, la communication, le marketing, la diffusion, la relation avec les libraires, et la fabrication. Le processus éditorial lui-même (choix des manuscrits, lien avec les maquettistes et correctrices, etc.) reste aux mains de mon ami Benoît, le gérant de Synchronique.

     

    Interview Aurélien de Synchronique Éditions

     

    Pouvez-vous un peu nous parler des différents métiers que l'on peut trouver dans une maison d'édition ?

     Par essence, l’éditeur n’a pas vocation à savoir tout faire tout seul dans une petite maison : c’est un chef d’orchestre, qui doit harmoniser le travail de différents professionnels pour parvenir à éditer les titres qu’il désire.

    Outre l’auteur et le traducteur, il faut un chef éditorial qui décide des titres à éditer et du calendrier des parutions. Vient ensuite le correcteur (et éventuellement le typographe) afin d’établir le texte définitif, en lien avec l’auteur. Puis le metteur en page et le maquettiste, afin de faire entrer ce texte dans le canevas du format choisi (livre de poche, livre illustré, etc.) et de créer la couverture (c’est elle qui donne envie au lecteur d’ouvrir le livre : elle est aussi importante que le visage d’une personne !). Si le livre est illustré d’œuvres originales, nous travaillons également à ce stade avec l’illustrateur. Puis c’est au tour de l’imprimeur de jouer, puis du diffuseur qui va placer le titre en librairie.

    Dans une petite entreprise, les emplois que j’ai cités (à part, évidemment, celui du chef éditorial) sont très souvent externalisés : ce sont des professionnels qui ne sont pas embauchés en continu à Synchronique, mais avec qui nous travaillons ponctuellement, projet après projet. Dans une plus grande entreprise, ces métiers peuvent être internalisés : ces professionnels sont alors des employés à plein temps.

    Dès que j’aurai le temps en 2018, je vous ferai des vidéos-interviews sur l’Arche avec des professionnels afin de vous présenter chacun de ces métiers. Chacun d’entre eux est passionnant, mais demande énormément de talent et de travail !

     

    Interview Aurélien de Synchronique Éditions

     

    Pouvez-vous nous présenter la maison d'édition Synchronique Éditions ?

     Synchronique Éditions publie des textes de philosophies et de sagesses orientales non-religieuses, non doctrinaires et non dualistes. Ce qui nous passionne, c’est l’universalité des grandes religions et des traditions de sagesse : toutes donnent au final le même enseignement, mais sous des approches différentes, une fois qu’on les dépouille de leur caractère doctrinaire, ritualisé et politique. Je trouve les mêmes leçons dans le Tao te King chinois, le zen japonais, la Bhagavad-Gita hindoue, le bouddhisme tibétain, le stoïcisme grec, les évangiles chrétiens et le soufisme islamique.

    Nous nous voyons comme des passeurs : nos textes s’adressent à des lecteurs occidentaux, qui ne doivent pas avoir une connaissance poussée des cultures orientales pour comprendre nos livres. Nous travaillons donc longuement sur nos traductions, en particulier lorsqu’elles sont versifiées, afin de restituer l’essence de l’enseignement et d’aplanir les points culturels trop obscurs. Si nous réussissons, cela signifie que vous pouvez lire notre Tao te King ou notre Bhagavad-Gita sans aucune note ni appareil critique : le texte doit parler de lui-même, et savoir résonner en vous.

     

    La Bhagavad-Gita

     

    Combien de livres publiez-vous en moyenne par an, même si j'imagine que c'est très variable ?

     Synchronique fête ses 10 ans en 2018. Jusqu’à présent, nous avons publié entre deux et quatre livres par an : nous allons augmenter notre production et passer à environ 10 livres par an dès cette année. C’est notre vision des choses : nous préférons travailler longtemps sur un texte, publier peu, mais maintenir nos titres en vie, car nous croyons en eux.

    Le nombre de nouveautés augmente de manière exponentielle depuis les 30 dernières années, tandis que le nombre de lecteurs reste stable : cela produit une inflation du nombre de titres disponibles, donc une diminution de la durée de vie moyenne d’un livre. Celle-ci s’établit généralement autour de quelques mois à l’heure actuelle, voire de quelques semaines seulement.

    Nous prenons le contrepied de cette tendance, comme beaucoup d’autres petits éditeurs : nous vendons et défendons encore les ouvrages que nous avons publiés il y a dix ans. Mais cela nous demande plus de travail éditorial, et surtout plus de travail commercial : il faut faire un choix entre publier peu mais maintenir longtemps en vie, ou publier beaucoup et laisser mourir.

     

    Interview Aurélien de Synchronique Éditions

     

    Sur quoi vous basez-vous pour publier un livre ?

    Comme nous sommes dans un « marché de niche » (un secteur spécialisé) de l’édition, à savoir la sagesse, spiritualité et développement personnel, nos critères ne sont pas forcément les mêmes que pour un éditeur de bande dessinée, ou de littérature pour jeune adulte.

    Nous publions en grande majorité des textes classiques : notre travail se concentre surtout sur la traduction que nous choisissons, ou que nous refaisons si celles disponibles ne nous conviennent pas. Nous passons ensuite énormément de temps à choisir (ou à faire faire) l’iconographie du livre, s’il est illustré. Les images doivent être le miroir du texte : sans entrer en compétition avec lui, elles doivent inviter le lecteur à la méditation et à l’introspection, et constituer une porte d’entrée vers le contenu.

    Parce que nous nous positionnons dans ce secteur spécifique de la littérature et de la poésie, nous avons donc plutôt tendance à aller nous-même chercher des textes parmi les grandes œuvres mondiales. C’est une démarche très différente de celle d’un petit éditeur de littérature contemporaine, par exemple, qui passe énormément de temps à lire les manuscrits tous qu’il reçoit avant de faire son choix.

     

    Interview Aurélien de Synchronique Éditions

     

    Parmi les livres édités chez Synchronique Éditions  , y en a-t-il qui vous ont particulièrement marqué ?

     Tous me plaisent, et je les aime profondément, car ce sont de grandes œuvres. Mais ceux que je connais le mieux, bien sûr, ce sont ceux que j’ai personnellement traduits durant les quatre dernières années : ils sont comme de vieux amis, intimes et familiers, et ont chacun marqué ma vie et mon développement personnelle d’une manière différente.

    L’Épopée de Gilgamesh reste peut-être mon texte préféré, littérairement parlant ; ainsi que le Tao te King, philosophiquement parlant.

     

    L’Épopée de Gilgamesh

     

    Comment se positionne Synchronique Éditions par rapport au livre papier et au livre numérique ?

    Nous travaillons à passer une partie de notre catalogue sous format numérique dès 2018. Personnellement, je considère que les deux approches ne sont pas contradictoires ; et j’observe par mon propre exemple que les gros lecteurs de livres numériques sont avant tout des amoureux de la culture et de la littérature. Je ne pense pas être le seul à acheter davantage de livres physiques depuis que je lis sur tablette. Je compare cela aux amateurs de musique : souvent, ceux qui en écoutent le plus sous la forme de fichiers numériques sont également ceux qui achètent le plus de CD et de vinyles.

    Mais quoi qu’il en soit, nous resterons également des éditeurs de livres physiques : nous aimons le papier, et nous aimons les beaux livres. Notre collection poche, par exemple, propose un petit livre à moins de 13 € relié, illustré en couleur, assez solide pour ne jamais se déformer dans la poche, et avec un petit élastique pour le fermer. Le livre est un objet sensuel : nous publierons aussi en numérique, parce que nous sommes des passeurs, mais nous n’abandonnerons pas pour autant notre travail principal, qui est de créer des écrins pour les textes que nous aimons.

     

    Interview Aurélien de Synchronique Éditions

     

    Pouvez-vous nous présenter vos dernières publications ?

     Parmi les dernières, nous avons un recueil de Haïkus de Bashô, traduit et illustré par Manda, une artiste strasbourgeoise qui a passé sa vie à maîtriser auprès des grands maîtres japonais l’art du dessin et de la calligraphie traditionnelle. C’est une personne formidable et extraordinairement douée, qui vient de recevoir pour l’ensemble de sa carrière l’équivalent de la médaille de chevalier des Arts et Lettres de la part du gouvernement japonais.
    (Je l'ai commandé à Papa Nowel celui-là ! :D)

    Nous venons également de rééditer notre Epopée de Gilgamesh dans notre collection poche.

    En 2018, nous allons entre autres publier l’une de mes dernières traductions : les Gitanjali de Tagore, un poète indien qui a reçu en 1913 le prix Nobel de littérature pour… la traduction de ses propres poèmes du bengali à l’anglais ! C’est l’une des plus belles poésies que j’ai jamais rencontrées : mystique, profonde, touchante, universelle.

    Je vais également me lancer dans la traduction de certains Quatrains de Rumi, le grand poète mystique persan du 13e siècle, et j’ai très hâte : c’est un monument.

    Nous lançons également une petite collection nommée « Hors norme », où nous vous présentons des contemporains ordinaires… qui ont vécu des histoires extraordinaires. Parmi nos premiers titres : une sage-femme qui pratique l’accouchement à domicile depuis plus d’un demi-siècle, un champion olympique d’aviron qui nous livre sa vision de l’alimentation et des régimes, une femme en fauteuil roulant qui a fait le tour du monde pour adopter sa fille…

    Interview Aurélien de Synchronique Éditions                 Interview Aurélien de Synchronique Éditions



    Pour les intéressés, comment se passent les partenariats ? Comment les Éditions Synchronique perçoivent-elle l'univers de la blogosphère ?

    Comme un univers de première importance ! Je le sais d’autant plus que je suis moi-même sur Youtube : ce sont aujourd’hui les blogs et les « Bookstubers » qui sont les véritables relais d’opinion, plutôt que les revues et que la presse traditionnelle. C’est pour cela que je cherche à développer nos partenariats, et à établir une relation de confiance avec ces lecteurs passionnés de partage : c’est à travers vous, et grâce à vous, que de petits éditeurs peuvent et doivent se faire connaître au public. J’ai confiance en les livres que nous faisons ; il ne nous reste plus qu’à vous trouver, et qu’à vous les faire découvrir.

     

    Interview Aurélien de Synchronique Éditions

     

    Et vous, est-ce que passer du côté des auteurs vous tenterait ?

     Eh bien, j’ai déjà publié des traductions ; mon premier manuscrit personnel de poèmes est pratiquement terminé, mais j’attends le moment propice pour penser à la publication. Les jeunes auteurs ne représentent souvent que la partie émergée de l’iceberg : l’épreuve de la publication, le fait d’être lu et accepté par un éditeur. C’est compliqué, certes, et souvent fastidieux, particulièrement dans le domaine de la poésie. Mais ce n’est à mes yeux que 20% de la problématique !

    La vraie difficulté est de trouver un éditeur qui fasse vivre votre livre : qui le publie avec amour, et qui sache le défendre et le replacer en librairie année après année. Voir votre nom figurer sur une couverture n’a pas d’importance en soi, sinon pour flatter votre égo : le véritable objectif, le seul objectif, c’est que votre œuvre parvienne entre les mains des lecteurs.

    Donc, j’attends de sentir le moment propice. Si l’Arche devient davantage connue sur Youtube, par exemple, cela facilitera d’autant la publication de mes propres poèmes. Je ne suis pas pressé : la vie est brève, mais l’art est long.

     

    Interview Aurélien de Synchronique Éditions

     

    Encore une fois, merci beaucoup d'avoir pris le temps de répondre à mes questions. ^^
    Un dernier mot pour la fin ?

     Nous publions des textes pour les partager : il n’y a rien que nous aimions plus que de recevoir des messages de nos lecteurs, et d’y répondre. N’hésitez pas à nous écrire !

     

    Interview Aurélien de Synchronique Éditions

     

     

     

     

    Merci beaucoup à Aurélien qui a répondu à cette interview à la vitesse de la lumière. Merci pour ses réponses complètes, développées et honnêtes. Je le remercie aussi pour les liens vers les vidéos ainsi que pour toutes les photos qui illustrent cette interview.
    Pour les personnes aimant l'Asie, la philosophie et la poésie, Synchronique Éditions est une maison qu'il faut absolument découvrir ! Et encore plus si vous aimez la qualité éditoriale, parce qu'ils mettent le paquet ! ^^

     

     

     

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    Interview de Maxime Duranté pour L'Attelage



    Bonjour.
    Merci d'avoir accepté de répondre à mes questions.
    ^^
    Tout d’abord, sans parler de l'Attelage, présente-toi un peu.

    C’est un chouïa compliqué de parler de moi sans parler de L'Attelage – ce projet a vraiment pris une place prépondérante dans ma vie – mais, pour résumer, je dirais que je suis un linguiste enthousiaste et un amateur d’Histoire s’ouvrant progressivement à d’autres disciplines. J’aime de plus en plus le travail de recherche, la réflexion théorique confrontée à l’épreuve de la pratique ; mon quotidien s’articule principalement autour des questions sociétales liées, de près ou de loin, à la place de l’auteur dans l’industrie, à l’évolution du français, à son rôle vis-à-vis des autres langues qui lui font concurrence, etc.

    Hormis tout ça, je reste cavalier, joueur de jeu vidéo et sportif dans l’âme, bien que je n’aie plus autant l’occasion de me consacrer à ces passions qu’autrefois : je pense être à un instant de ma vie où il est primordial de bosser sans économiser ses efforts. C’est peut-être triste, présenté ainsi, mais je préfère passer deux heures à lire Le Capital de Marx, pour me confronter à un nouveau paradigme économique, que deux heures sur un jeu en ligne. J’ai l’impression de me trouver à un véritable tournant dont l’issue décidera de ma vie future, et je ne le raterai pour rien au monde. Alors, je taffe, je cogite, je rumine !

     

    Interview de Maxime Duranté pour L'Attelage

     

    Y a-t-il des auteurs qui ont bercé ton enfance/adolescence ?

    Oui, mais ils ont tous disparu de ma bibliothèque au profit d’auteurs moins accessibles ! J’ai petit à petit délaissé un certain nombre de plumes « faciles », comme Rowling, Paolini ou Werber, qui m’avaient énormément plu quand j’étais adolescent – je ne juge pas les personnes à qui ces auteurs plaisent toujours, d’ailleurs, mais mes goûts ont évolué. Je ne me satisfais plus d’une compréhension immédiate, sans doute parce que ce qui est compréhensible immédiatement ne sollicite pas les méninges… et que j’aime me prendre la tête !

    Dans un autre registre, j’ai bien quelques mangas/animes marquants, notamment Les Chroniques de la Guerre de Lodoss et Berserk, qui font non seulement partie de mes influences mais aussi de celles d’œuvres que j’adore, la saga Dark Souls étant pour moi une des plus belles réussites de l’esthétique gothique.

    Ah, et je me souviens avoir été impressionné par la puissance de certains styles classiques – ceux de Balzac, de Zola, de Maupassant –, mais profondément ennuyé par les thématiques qui étaient abordées dans leurs romans. Ce n’est pas que j’ai été bercé ; c’est que j’ai été chahuté par cette découverte d’une langue presque étrangère au parler commun. J’imagine que cette rencontre se ressent dans ma manière d’écrire !

     

    Qu'est-ce qui t'a poussé à créer l'Attelage ?

    Une volonté de « dégraisser la chaîne du livre », sûrement : quand on examine le schéma de production d’un livre papier, on s’aperçoit qu’un nombre très élevé d’intermédiaires s’interpose entre l’auteur et le lecteur. Autant ces intermédiaires sont justifiés dans une logistique commerciale « concrète » – il faut imprimer les livres, les diffuser, les distribuer, etc. –, autant je ne vois pas bien pourquoi on s’encombrerait de maillons surnuméraires à l’ère de la publication numérique. Quand on sait que 90 % des revenus engendrés par la vente de livres ne va pas dans la poche de ceux qui les écrivent, mais dans celle de ceux qui… je ne sais pas trop quel terme employer – bidouillent ? tripotent ? broient ? –, on est en droit de s’interroger, d’explorer d’autres pistes.

    Notre première étape a été de remettre en question l’absolue nécessité d’être subordonné à un éditeur. Je traiterai le sujet avec force détails dans un essai dédié, mais la relation d’auteur à éditeur s’est toujours résumée à un rapport de domination… dont nous sommes les éternels dominés. Or, le rôle de l’éditeur s’inscrit traditionnellement dans une logique de « filtre », de « tamis » entre les manuscrits bruts et le lectorat ; c’est comme s’il se dressait, entre vous et moi, une sorte de « super lecteur » qui validerait ou invaliderait mes écrits. Nous avons ainsi pris le pari de nous en passer, et de soumettre nos textes à l’avis des autres Attelés, puis du vôtre. Cette « libération » que nous essayons de promouvoir s’accompagne d’une rigueur renforcée de notre côté ; c’est indéniable. Nous devons développer un savoir-faire analogue – pas identique, j’insiste – à celui des éditeurs, si nous souhaitons amener nos textes au niveau de qualité attendu par le public. C’est aussi pour cette raison que l’échange direct avec ce dernier nous est si précieux.

    Le coût de publication nul, ou quasi-nul, sur le site de L'Attelage, nous permet en outre de donner beaucoup aux lecteurs gratuitement, de sorte qu’ils puissent choisir de s’abonner ou non. L'Attelage, c’est une démarche que nous essayons d’ouvrir aux budgets les plus modestes : pour le prix d’une sortie grand format d’un éditeur, vous pouvez avoir un accès illimité à toutes les publications de cinq auteurs pendant une année complète, soit, au minimum, l’équivalent de cinq romans… et beaucoup d’autres bonus !

     

    Interview de Maxime Duranté pour L'Attelage

     

    Qu'est-ce que l'Attelage, d'ailleurs ?

    On a un speech bien huilé pour le présenter – on l’a d’ailleurs sauvegardé dans un robot du serveur Discord pour y faire appel quand on a la flemme ! Très succinctement, L'Attelage est un regroupement d’auteurs publiant leurs écrits à un rythme mensuel, sur une plateforme où est encouragé l’échange avec les lecteurs. L’idée est de créer, à long terme, une relation symbiotique entre auteurs et lecteurs : comme nous serons rémunérés au fur et à mesure de nos publications, les histoires pourront avancer plus vite que si nous étions resté dans un système traditionnel, où l’auteur doit « ronger son frein » en attendant d’avoir terminé son manuscrit, croiser les doigts pour ferrer un éditeur, et les croiser encore plus forts pour que les ventes suivent ! Nous aimerions casser cette dynamique en faveur d’une nouvelle, plus directe et plus respectueuse pour les écrivains comme pour les lecteurs.

     

    Interview de Maxime Duranté pour L'Attelage


    J'imagine que le nom, le logo et les mascottes n'ont pas été choisis au hasard, n'est-ce pas ?

    Il y a bien quelques anecdotes à ce sujet, oui ! Avant même de commencer à concevoir la première mouture du site, les Attelés s’étaient mis d’accord pour éviter une énième resucée des métaphores associées à l’écriture : des plumes, des livres, des machines à écrire, l’imaginaire, la création, etc. Je ne veux pas paraître désobligeant, mais l’onomastique des groupuscules littéraires ne dépareillerait pas au congrès des coiffeurs. Mesquinerie à part, nous voulions un nom qui pût se décliner en adjectif autant qu’en substantif pour désigner les membres individuellement, dans l’optique de créer un sentiment de cohésion – une identité unique, en dehors de la nomenclature classique.

    Le concept d’Attelage s’est rapidement imposé parce qu’il représente notre volonté commune de participer à un projet allant dans la même direction ; c’est l’intérêt du groupe qu’on a voulu symboliser, ainsi que cette charge que nous devons tirer. Pour la première itération du logo – qui va changer –, c’était la même idée : le chien sautant au-dessus d’un obstacle montrait que nous avions l’impulsion nécessaire pour dépasser les difficultés. Enfin, ça c’était l’idée initiale ; beaucoup de gens nous ont dit qu’ils le trouvaient « agressif » et nous allons nous diriger vers quelque chose de plus conceptuel pour la V2 de la plateforme ! Quant à la couleur bleue, elle est traditionnellement associée aux réseaux sociaux et rappelle le froid, l’arctique… l’univers des chiens de traîneau, en somme !

    Concernant Boréale maintenant, le husky est le plus emblématique de tous ; ça tombait sous le sens de choisir cette race pour notre mascotte. Je ne me souviens pas si nous avons vraiment discuté son sexe, en revanche ; j’ai même l’impression que tout le monde s’est accordé sur le choix d’une femelle sans que la question ne soit soulevée ! Son nom a été soumis au vote populaire, et c’est Boréale qui l’a remporté alors que c’était une proposition que j’avais faite pour déconner – en hommage à un personnage de Dawn Of War, Indrick Boreale, et à l’aurore boréale qui a… effectivement lieu dans le cercle arctique. Boréale a complètement éclipsé Cyann, ma proposition « sérieuse » !

     

    Interview de Maxime Duranté pour L'Attelage

     

    Quels sont les membres qui composent l'Attelage ?

    Fiouf ! Avec les chiots qui intègreront définitivement nos rangs pour la sortie de la V2, ce serait vraiment interminable de vouloir présenter tout le monde. En moyenne, les personnes qui participent à L'Attelage de façon vraiment directe – Attelés et contributeurs – sont des jeunes femmes, aussi devrais-je peut-être plutôt parler d’Attelées et de contributrices ! Nous n’avons jamais cherché une démographie particulière ; ça s’est fait naturellement.

     

    Interview de Maxime Duranté pour L'Attelage

     

    Comment sont-ils entrés dans la meute ? 

    Nous avons notre propre méthode de sélection, qui s’apparente davantage à un recrutement d’entreprise qu’à un tri de manuscrit tel qu’on le pratique dans l’édition. Nous recherchons des personnes porteuses d’un désir fort : celui de faire carrière dans l’écriture et d’entrer dans une communauté luttant activement pour les droits des auteurs.

    Sans trop en dévoiler, disons qu’il s’agit prioritairement de vérifier si les candidats s’intègreront bien dans leur groupe de travail, la meute, et de les amener à avoir une réflexion critique sur les écrits de celle-ci – ceux de leurs compatriotes, mais aussi les leurs ! Quant à la toute première meute, la bien nommée Alpha, je l’ai rassemblée au cours de mes pérégrinations sur Wattpad, d’où tout est parti.

     

    Interview de Maxime Duranté pour L'Attelage                                               Interview de Maxime Duranté pour L'Attelage

     

    Mais les auteurs ne font pas l'Attelage à eux seuls, n'est-ce pas ? Il y a aussi les Contributeurs et les Mushers. Peux-tu nous en dire plus à leur sujet ? 

    Les contributrices sont des artistes de divers médias (principalement de l’illustration, mais on a également un compositeur !) qui voient dans L'Attelage des valeurs communes visant à défendre et promouvoir l’indépendance créatrice. Nous sommes très heureux de pouvoir compter autant de talents, et de les voir enrichir nos propres productions des leurs ! C’est quelque chose d’unique que nous avons la ferme intention de renforcer en proposant une rémunération plus régulière et plus compétitive aux contributrices, parce que nous sommes engagés dans le même combat pour la reconnaissance de nos métiers.

    Les Mushers, c’est le petit nom que nous avons donné aux lecteurs qui ont décidé de nous soutenir et de nous motiver – par analogie à la personne dirigeant le traîneau ! Pour nous, un Musher est une personne qui a l’envie de participer à ces grands chantiers sur lesquels nous travaillons depuis déjà plus de deux ans ; c’est quelqu’un qui, en passant devant un bâtiment en construction, s’intéresse, demande s’il ne peut pas filer un coup de main, et se lie d’amitié avec l’équipe déjà sur place. Ce bâtiment, cette entreprise qu’on échafaude au fur et à mesure, on la voit comme un lieu commun, à partager, presque public. Les Mushers forment vraiment la communauté, oui ; je trouve qu’on revient à l’essence même du mot.

    Interview de Maxime Duranté pour L'Attelage

    En fait, l'Attelage, c'est une grande famille. ^^

    Peut-être pas quelque chose d’aussi immuable – on ne renie qu’assez difficilement les liens du sang –, mais j’aime bien comparer notre projet avec Guédelon, le château médiéval qui s’érige peu à peu grâce à la bonne volonté et aux dons du public. Ce n’est sûrement pas le chemin le plus facile que nous avons choisi, et nos méthodes ne sont pas les plus efficaces qui soient, mais nous avons cette satisfaction de faire « ce qui est juste » et de demeurer en cohérence avec nos idéaux. Cette vision nous unit et nous permet, par exemple, de rester jusqu’à minuit pour préparer la prochaine page du Post Héros, alors que personne n’est payé ! On fait contre fortune inexistante bonne humeur, quelque part.

     
     

    Peux-tu nous présenter quelques titres de l'Attelage ?

    Nous avons publié une série de posts pour présenter nos titres sur Facebook, l’originalité étant que chacun a été rédigé de manière à expliciter l’intention d’écriture par l’auteur, ou l’autrice en personne. Pour faire simple : au lieu de survendre l’histoire, comme c’est toujours le cas quand on essaie de les mettre en avant – allez, on va pas se mentir –, nous avons cherché à expliquer aux lecteurs ce que nous avons voulu y faire, pourquoi nous l’avons écrite, et d’où elle vient.

    Voici le premier post, qui me permettra en outre de parler rapidement des Serres du Griffon.
    Il suffit de naviguer un peu sur la gauche pour trouver les autres !

     

    Interview de Maxime Duranté pour L'Attelage     Interview de Maxime Duranté pour L'Attelage     Interview de Maxime Duranté pour L'Attelage     Interview de Maxime Duranté pour L'Attelage     Interview de Maxime Duranté pour L'Attelage

     

    Encore une fois, merci beaucoup d'avoir pris le temps de répondre à mes questions. ^^ 
    Un dernier mot pour la fin ?

    Barbapapa.

     

    Interview de Maxime Duranté pour L'Attelage

     

     

     

     

    Je remercie une fois encore Maxime de L'Attelage d'avoir eu la gentillesse, la patience et la rapidité de répondre à mes questions.
    Une communauté d'auto-édition à découvrir de toute urgence ! ! !

    Si vous en avez, n'hésitez pas à (lui) poser des questions dans les commentaires. ;-)

     

     

     

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    Interview Ludovic de Mots & Légendes


     

    Bonjour.
    Merci d'avoir accepté de répondre à mes questions. ^^

    Bonjour, c'est moi qui vous remercie de me donner l'occasion de m'exprimer un peu sur mes activités :)

     

    Tout d’abord, sans parler de votre métier, présentez-vous un peu.

    Je m'appelle Ludovic, j'ai 37 ans et je suis un passionné d'imaginaire, d'écriture, de jeux vidéos et d'Internet... Je suis sans doute un peu geek, mais il ne faut pas le dire...

     

    Interview Ludovic de Mots & Légendes

     

    Y a-t-il des auteurs qui ont bercé votre enfance/adolescence ?

    J'ai peu de souvenirs d'auteurs qui m'aient marqué avant l'adolescence. Je crois qu'étant petit j'associais la lecture aux lectures imposées par l'école et de ce fait j'ai pris une grande claque en découvrant vers 15 ans Conan Doyle et son Sherlock Holmes et, surtout, Stephen King qui m'a ouvert tout un univers. Je ne pouvais plus me passer de découvrir ses textes où le surnaturel faisait son intrusion dans un monde bien réel.

    J'ai par la suite commencé à lire un peu de tout, en particulier Anne Rice ou Tolkien. Je garde depuis cette période un profond amour pour les vampires et la Fantasy.

     

    Qu'est-ce qui vous a poussé à choisir, professionnellement, le domaine littéraire, et plus particulièrement celui de l'édition ?

    À la base, je ne pensais pas un jour éditer des livres. Si j'avais pu l'anticiper, je crois que j'aurais été plus attentif à mes cours de français. :)

    Je suis venu à l'édition parce que j'ai commencé à écrire pendant l'adolescence et, grâce à Internet, j'ai fait mes premiers échanges autour de l'écriture, j'ai découvert des gens avec qui partager ma passion. J'ai ensuite ouvert un site, je me suis impliqué dans différents projets créatifs jusqu'à finir par créer, aux alentours de 2007, une parution gratuite numérique du nom de « Mots & Légendes ».

    Ce webzine avait alors pour but de donner un projet communautaire au forum de mon site « Le Royaume des Mots Rêveurs ». J’étais à l’époque très inspiré par les webzines déjà existants que j'admirais pour leur magnifique travail.

    Je me suis ensuite pris au jeu et au fil des années le nom du site a changé pour devenir Mots & Légendes. Puis l’envie de tester d’autres choses et le développement du livre numérique m’ont fait me tourner vers la création d’une maison d’édition...

     

    Est-ce votre premier poste ? Avez-vous travaillé dans d'autres maisons d'édition ?

    Compte tenu de mon parcours, c'est effectivement mon premier poste que j'ai pu exercer en tant qu'amateur pendant de longues années. Ce n'est pas une voie de formation traditionnelle, mais j'espère qu'elle me permet de cultiver une certaine différence dans mon approche de ce travail.

     

    Parlez-vous un peu de votre métier. Que faites-vous exactement ?

    Étant le seul employé de Mots & Légendes, je change de casquette régulièrement pour occuper tous les postes. Cela va de la réception des textes, à la sélection des publications, les corrections, le travail avec les illustrateurs pour les couvertures, la mise en place des maquettes des livres en version papier ou numérique, en passant par le choix du prix et du format du livre, sa commercialisation... et on peut aussi y ajouter le travail d'animation des réseaux sociaux et du site de Mots & Légendes. J'ai du coup la sensation d'être toujours en retard sur quelque chose.

     

    Interview Ludovic de Mots & Légendes

     

    Pouvez-vous nous présenter la maison d'édition Mots & Légendes ?

    Mots & Légendes est une maison d'édition dédiée à l'imaginaire qui aime les bons textes et les belles illustrations. À la base, quand le webzine avait été créé, l'idée était de faire connaître de nouveaux auteurs français. C'est toujours le cas et avec encore davantage de motivation pour arriver à faire découvrir nos auteurs.

     

    Combien de tapuscrits recevez-vous en moyenne par mois, même si j'imagine que c'est très variable ?

    La sélection des textes étant un travail important qui prend énormément de temps, j'ai fait le choix d'ouvrir les réceptions de tapuscrits à des dates données en passant des appels à textes. Cela m'évite ainsi d'avoir un trop gros volume de tapuscrits à lire et de mettre trop de temps pour répondre à un auteur.

    Pour donner une idée, le dernier appel à textes, qui avait pour thème Malédiction, a reçu 108 nouvelles. Ce qui a représenté un énorme travail autant pour la sélection des nouvelles que pour l'envoi de réponses personnalisées.

     

    Sur quoi vous basez-vous pour les accepter ou non ?

    Il y a plusieurs critères pour sélectionner un texte. Le premier, et le plus important, c'est le coup de cœur. Si quand je ressors de l'histoire, j'ai éprouvé du plaisir à suivre le personnage, si l'auteur a su me surprendre... J'ai alors envie de m'impliquer et d'essayer de faire connaître ce récit.

    J'ai besoin de ce coup de cœur pour la motivation qui va accompagner le travail sur le texte jusqu'à sa parution.

    Il y a ensuite d'autres critères qui rentrent en jeu : la maîtrise du français, les répétitions de mots, les points faibles et points forts du texte.

    Il se peut aussi qu'il y ait des problèmes de cohérence. Dans ce cas, avant d'en parler à l'auteur, il faut anticiper jusqu'à quel point cela peut changer l'histoire... L'idée étant pour moi de ne pas demander une réécriture complète à un auteur pour rester dans l'esprit du récit.

     

    Interview Ludovic de Mots & Légendes

     

    Que diriez-vous aux auteurs qui voudraient en déposer un chez vous ?

    C’est sans doute un conseil valable pour toutes les maisons d’édition, mais je conseille de bien relire son texte, de le faire lire à des proches ou sur des forums d'auteurs comme : l'Orée des Conteurs, de bien travailler ses répétitions et, quelle que soit la réponse, de ne jamais baisser les bras. Chaque éditeur a sa propre sensibilité et un texte refusé chez X peut être accepté chez Y.

     

    Parmi les livres édités chez Mots & Légendes, y en a-t-il qui vous ont particulièrement marqué ?

    C'est une question complexe, car chaque publication est unique à mes yeux et j'ai bien du mal à choisir... J'ai envie de mentionner « Quatre enquêtes d'Erem de l'Ellipse » d'Anthony Boulanger, car c'est la première parution professionnelle de Mots & Légendes. C'est également avec ce recueil de nouvelles que l'on a fait notre première parution papier.

    Je pense aussi à « Faon » de Jean Bury, le premier roman de Mots & Légendes.

    Et puis une grosse pensée pour le webzine Mots & Légendes numéro 9 qui est le dernier webzine paru et qui sera bientôt retiré des téléchargements. Je garde un très bon souvenir du travail sur ce magazine numérique et cela me fera quelque chose quand il ne sera plus disponible. C'est un projet que j'aurais aimé continuer, mais je ne pense pas avoir le temps de le faire encore. Sa disparition signifie aussi la fin d'une époque, la fin d'un cycle pour se concentrer sur un nouveau.

     

    Interview Ludovic de Mots & Légendes     Interview Ludovic de Mots & Légendes     Interview Ludovic de Mots & Légendes

     

    Comment se positionne Mots & Légendes par rapport au livre papier et au livre numérique ?

    Ayant commencé à publier des webzines numériques, j'aime le numérique et j'aime publier des ebooks. C'est un format que j'apprécie pour sa flexibilité, sa rapidité pour échanger... C'est mon côté geek qui doit ressortir. :)

    Cependant, je comprends qu'on préfère lire les livres en version papier et c'est pour cela que Mots & Légendes publie aussi en format papier, grâce à l'impression à la demande.

    J'ai donc une préférence pour le numérique, mais je suis persuadé que les deux versions se complètent, la guerre papier contre numérique me paraît stérile, et l'important se trouve dans les histoires qui sont racontées.

     

    Interview Ludovic de Mots & Légendes

     

    J'ai vu qu'il y avait pas mal de nouvelles gratuites sur le site. Pourquoi ce choix ?

    Ces nouvelles gratuites sont l'héritage du webzine, on y retrouve donc, sous format individuel, des nouvelles qui étaient parues gratuitement dans le webzine. On y trouve aussi quelques projets un peu hors cadre, comme les bandes dessinées de Gwenran.

    En terme de choix, à la base, l'idée était de ne pas perdre ces textes, de continuer à pouvoir les faire lire et, grâce au format individuel, de pouvoir les publier sur des librairies numériques comme Amazon.

    Des nouvelles gratuites peuvent être un bon moyen pour faire découvrir un auteur et, peut-être, lui faire gagner un peu en notoriété.

     

    Pouvez-vous nous présenter vos dernières publications ?

    Notre dernier roman est paru le 1er juin, il s'agit d'un roman de Grégory Covin qui se nomme « Le Nouveau Règne ». C'est une histoire sombre qui mélange des références à Lovecraft avec un univers et un personnage faisant penser à Conan... Cependant, au lieu d'avoir un guerrier, nous suivons les aventures d'une guerrière en quête d'un remède pour sauver son homme.

    Et il y a aussi l'anthologie « Malédiction » qui va réunir 15 textes autour du thème de la malédiction. C'est un gros volume (environ 350 pages) en préparation et j'espère que le choix varié des histoires fera plaisir aux lecteurs. La parution est prévue pour fin septembre.

    Il y a aussi « Entre la Louve et l’Olympe » de Kevin Kiffer, un roman où l'on voit la guerre que se livrent les dieux au travers des actions des hommes. C'est un roman ambitieux où l'on suivra Ofella qui cherche à venger sa famille qui a été brûlée pour des raisons politiques par Marius. Ofella se rangera donc du côté de son ami Sylla dans un combat où Rome sera au centre des préoccupations... Autant des humains que des divinités comme Vénus ou Artémis. C'est un roman épique, avec des questionnements sur ses propres choix, ses allégeances, des amitiés brisées par les dieux également. Et c'est aussi une façon ludique de découvrir cette partie de l'Histoire, que je ne connaissais pas très bien.

     

    Interview Ludovic de Mots & Légendes      Interview Ludovic de Mots & Légendes       Interview Ludovic de Mots & Légendes

     


    Pour les intéressés, comment se passent les partenariats ? Comment Mots & Légendes perçoit-elle l'univers de la blogosphère ?

    Pour les partenariats, c'est quelque chose de fondamental pour Mots & Légendes. Le retour de lectures et les articles nous permettent de progresser, d'avoir un moyen d'évaluer comment l'histoire est perçue... Paradoxalement, on a plus de mal à avoir l'avis des acheteurs des ouvrages.

    Je pense aussi que la blogosphère est capitale pour faire connaître de nouveaux auteurs et éditeurs. C'est à chaque fois une belle mise en avant et je ne remercierai jamais assez toutes les personnes qui ont pris le temps d'accepter des partenariats.

    En ce qui concerne les partenariats, j'essaye de privilégier nos lectrices régulières et mets un point d'honneur à accepter les critiques telles qu'elles tombent. C'est la règle du jeu et c'est important pour l'impartialité de la critique.

    Après avoir connu quelques mauvaises expériences avec l'envoi de livres, sans que la lecture espérée ne soit faite, j'ai centré mes partenariats autour du site SimPlement où vous pouvez retrouver Mots & Légendes à cette adresse : https://simplement.pro/u/motsetlegendes.

    Je fais surtout des partenariats numériques, mais j'essaye aussi d'en faire quelques-uns avec des livres en version papier.

     

    Et vous, est-ce que passer du côté des auteurs vous tenterait ?

    Il y a quelques années, j'ai eu la chance de publier un peu dans différents webzines, aujourd'hui disparus, et j'avais quelques nouvelles qui devaient paraître dans des maisons d'édition qui ont fermé également... C'est un univers un peu rude pour les petites structures qui ferment régulièrement. :(

    Dans l'état actuel, j'essaye de reprendre mes vieux textes pour les remettre au goût du jour... On verra si cela donne quelque chose en terme de publications par la suite. Le manque de temps fait que je n'avance pas vite et que ce n'est pas ma grosse priorité, mais j'aimerais bien redonner vie à mon petit univers de Fantasy.

     

    Encore une fois, merci beaucoup d'avoir pris le temps de répondre à mes questions. ^^
    Un dernier mot pour la fin ?

    C'est moi qui vous remercie pour cette possibilité de m'exprimer et de partager un peu mon quotidien.

    Pour finir, j'ai envie d'encourager les lecteurs à découvrir les petites structures de l'édition, de s'écarter un peu des chemins balisés des différents classements des libraires et de ne pas hésiter à venir nous voir sur Mots & Légendes et notre forum pour échanger avec nous.

    Et puis, si vous avez un projet créatif en tête, n'hésitez pas à vous lancer, à tester, vous ferez de fabuleuses rencontres en route !

     

     

     

    Je remercie une fois encore Ludovic de Mots & Légendes d'avoir eu la gentillesse et la patience de répondre à mes questions. Merci aussi pour ses réponses sincères et complètes.
    Sans compter que je suis très honorée qu'il ait bien voulu inaugurer cette nouvelle rubrique. ^^

    Si vous en avez, n'hésitez pas à (lui) poser des questions dans les commentaires. ;-)

     

     

     

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